Description
Added on the 06/01/2017 23:49:52 - Copyright : L'Alsace
Avant Paques, les cloches de Kientzheim se taisent en signe de deuil. Pour marquer les heures de priere des Vendredi et Samedi saints...
Dans certains villages du Kochersberg comme à Dingsheim, Kleinfrankenheim, Stutzheim, Offenheim et Rohr, les crécelleurs étaient de retour. Instruments de musique idiophones extrêmement bruyants, ils ont été fabriqués depuis toujours à la maison de manière artisanale. A Dingsheim où nous avons rencontré une vingtaine de crécelleurs hier, les crécelles appartiennent souvent aux parents ou sont prêté par les villageois. Mickaël Grasser est crécelleurs depuis qu’il a trois ans. Il encadre les jeunes avec Lauriane Diebold, également 19 ans. Yanis Stey, 14 ans, marque lui les arrêts pour annoncer « Meeda » (midi). Ainsi, les jeunes font le tour pendant plus d’une heure. Le soir et demain, ils vont remettre ça dès 6h du matin. Car les crécelles ne remplacent-elles pas les cloches parties depuis jeudi soir à Rome ? Seulement le dimanche de Pâques, elles sonneront à nouveau.
Hier Jeudi saint, l’Eglise est entrée en deuil et après avoir sonné à toute volée, les cloches se sont tues. D’aucuns prétendent qu’elles partent à Rome : la vie des cloches est si mystérieuse ! Alors à Kientzheim, pour les remplacer, une troupe de garçons parcourt le village trois fois Vendredi saint et Samedi saint. À 6 h du matin, à midi et 18 h. Pour annoncer les heures de prière, ils actionnent leurs crécelles au vacarme effroyable. Et de temps en temps ils appellent à la prière : « Battzitt hets gakleppert ! »On ne sait à quand remonte cette tradition qui a su résister aux ravages que notre région a subis au fil du temps. Et samedi matin, à 4 h, ils allumeront un grand feu au lieu-dit Bix, pour annoncer la lumière pascale.