Description
Added on the 19/04/2019 14:36:12 - Copyright : Les Dernières Nouvelles d'Alsace
Dans certains villages du Kochersberg comme à Dingsheim, Kleinfrankenheim, Stutzheim, Offenheim et Rohr, les crécelleurs étaient de retour. Instruments de musique idiophones extrêmement bruyants, ils ont été fabriqués depuis toujours à la maison de manière artisanale. A Dingsheim où nous avons rencontré une vingtaine de crécelleurs hier, les crécelles appartiennent souvent aux parents ou sont prêté par les villageois. Mickaël Grasser est crécelleurs depuis qu’il a trois ans. Il encadre les jeunes avec Lauriane Diebold, également 19 ans. Yanis Stey, 14 ans, marque lui les arrêts pour annoncer « Meeda » (midi). Ainsi, les jeunes font le tour pendant plus d’une heure. Le soir et demain, ils vont remettre ça dès 6h du matin. Car les crécelles ne remplacent-elles pas les cloches parties depuis jeudi soir à Rome ? Seulement le dimanche de Pâques, elles sonneront à nouveau.
Faute de confinement, les crécelleurs ne sont pas passés dans les rues de nos villages comme d'habitude à l'approche de Pâques. Pour que la tradition soit tout de même respectée, cinq anciens enfants de chœur du Saulnois ont décidé de tout de même chanter l'angélus, mais en se réunissant par visioconférence.
Jusqu’à présent, tous les soirs à 20 h, les habitants de Dourd’hal, un des quartiers de Saint-Avold, offrent un concert de casseroles pour saluer le courage et l’abnégation du personnel soignant et de toutes les personnes qui sont sur le front pour combattre la pandémie du Covid-19. Pour ce week-end pascal et en l’absence des servants d’autel crécelleurs, exceptionnellement confinés chez eux, leurs aînés se sont armés de crécelles –non pas pour annoncer les offices à la place des cloches- mais pour faire du bruit à l’heure H. Chacun est devant sa maison, a son attestation en poche et respecte les distances de sécurité.
Hier Jeudi saint, l’Eglise est entrée en deuil et après avoir sonné à toute volée, les cloches se sont tues. D’aucuns prétendent qu’elles partent à Rome : la vie des cloches est si mystérieuse ! Alors à Kientzheim, pour les remplacer, une troupe de garçons parcourt le village trois fois Vendredi saint et Samedi saint. À 6 h du matin, à midi et 18 h. Pour annoncer les heures de prière, ils actionnent leurs crécelles au vacarme effroyable. Et de temps en temps ils appellent à la prière : « Battzitt hets gakleppert ! »On ne sait à quand remonte cette tradition qui a su résister aux ravages que notre région a subis au fil du temps. Et samedi matin, à 4 h, ils allumeront un grand feu au lieu-dit Bix, pour annoncer la lumière pascale.